18/10/2005

Filaments de divagation

brume. brume, brouillard que sais je ? il y avait des filaments de coton dans l'air ce matin en arrivant au taf. atmosphère un peu irréelle avec ces tours qui disparaissent dans le ciel blanc. Closer des Joy se finissaient et j'hésitais encore sur le prochain album, je me serai bien passé un Pergolesi avec ce décor mais je l'avais chargé dans l'ipod ... Je songeais ensuite à New York et à ma 1ère rencontre avec cette ville. Les Twins disparaissaient dans le même manteaux cotonneux, j'avais tout de même voulu à tout prix y monter. Arrivé en haut, je me précipitais au bord et collait mon visage contre cette froide et épaisse vitre qui me séparait du vide blanc. On ne voyait rien, la silhouette de la soeur se devinait vaguement. J'étais à peine déçu, la vision de cet aveuglement procurait une telle sensation d'isolement, de paix, de silence dans cette cage de verre et d’acier que je tendais tous mes sens vers ce vide perceptuel pour en jouir pleinement. Nous redescendîmes dans le chaos vivant entre les blocs, j'avais 12 ans.

Ce songe mélancolique de la Grosse Pomme me fit penser à Carla. Carla dans son appartement -so cosy she said !- en train d'écrire des articles pour divers canards pipôle et mode, je l'imagine bien allongée dans ce canapé rouge tout défoncé que j'ai vu en photo, mâchonnant son stylo en cherchant une idée.

t'écris pas direct sur le mac ? m'étais-je interrogé.
ideas come only with pen and paper she replies.
as you wish my dear... C'était lundi.

 

Mardi matin. Ce matin donc. 'fait plus frais non ? Bon, je vais pas vous faire la météo, cela ne me passionne guère.

Je me demande quoi faire de ce blog. J'ai écrit une note la semaine dernière. Une autre une semaine après. C'est assez faible j'en conviens.

 

Je rentre dans le bâtiment. Tiens la secrétaire a changé. La dernière faisait des fellations de folie dixit P. Il m’avait informé de cette connaissance il y a 4 mois de cela. Quand il m’a dit ça d’un ton égal devant la machine à café à 8h30 j’ai faillit m’étouffer avec mon thé. Je m'épargnais les sordides détails en opinant du chef tout en souriant d’un air entendu. Pas la peine de contrarier P. de si bon matin …


C’est décidé je continue.
Je vous autorise à revenir ici régulièrement.

10/10/2005

De nuit

C'était hier. je rentrais et il faisait nuit. enfin c'était aujourd'hui plus précisément, mais avant une courte nuit de sommeil.
Je me rends compte que ce que je narre se passe souvent la nuit.
sûrement parce que j'aime énormément la Nuit.

il faisait donc nuit et doux sur Paris.

Je rentrais péniblement chez moi, sourd, le regard dans le vague et le corps courbaturé et douloureux.
Je finissais donc le trajet à pieds prenant à chaque pas une fois de plus conscience que la chair est faible, dans tous les sens du terme.

La musique de 'Requiem for a Dream' créée par Clint Mansell et interprétée par le Kronos Quartet résonnait faiblement, étouffée par la ouate et le larsen auditif dont j'étais victime.
Je ne répéterai jamais assez combien j'aime cette musique. Cet air lansinant de corde grave entrecoupé d'un staccato de plaintes aigues ... un délice.

Je progressais donc à la vitesse relativement faible d'un tortue hémiplégique, observant béatement le vide des rues dans la nuit, le ciel noir où quelques rares étoiles perçaient la pollution lumineuse mégapollienne.
J'avais en tête les paroles de 'Girl' des Beatles, deux phrases qui revenaient sans cesse en boucle, accompagnés par les profondes vibrations de 'Hope Overture'.

That a man must break his back to earn his day of leisure ?
Will she still believe it when he's dead ?

deux phrases, deux interrogations, aussi vagues et floues que la raison pour laquelle j'ai songé à cette chanson ...
baaah, me voilà arrivé. dodo, here i am !