26/02/2006

Détruire en profondeur

La destruction - d'objet, d'autrui, et la plupart du temps d'objet d'autrui - est probablement l'activité humaine la plus commune sinon la plus répandue.

De manière lucide et sans illusions je me rends compte -pas toujours sur le coups certes- de ce que j'ai détruit.
Cependant, en s'attardant sur les relations humaines et leur état, je me suis aperçu qu'aussi bien chez moi que chez quelques proches que j'ai cuisiné, nous détruisons rarement complètement une relation humaine, celle encore qui passe le plus couramment à l'éparpillement atomique est la relation amoureuse. Et encore, on garde de plus en plus une porte en commun. entre-ouverte sur un possible avenir qui n'arrive bien sur la plupart du temps jamais. Et si justement il n'arrivait jamais précisément à cause de ce lien ténu mais là, présent.

Alors que si la relation est détruite en profondeur, table rase, RAZ, brûlée au dernier degré, avec les chargeurs épuisés ou cartouches brûlées. quoi d'autres ? D'un point de vue naturel, rien ne pousse mieux que sur des cendres !

J'ai détruit à fond deux relations. une amitié et une charnelle. C'était il y a 9 et 11 ans. Je n'ai jamais revu celui de l'amitié, la charnelle est repartie, sur les bases de l'amitié.

Ai je été hypocrite durant si longtemps ? c'est vrai que j'ai laissé pourrir quelques marécages.

Mais il y en a un que je veux pas louper. Alors veuillez m'excuser, mais mon plasmagun est prêt - lock and load - et je crois bien que moi aussi, so let's go !

20/07/2005

Log de bord n°I45L12U

Some news du journal technique du Sulaco.
krrr krrrrr ... bonjour. Tout va à peu près bien à bord, le translateur temps/énergie/matière me permet toujours de rejoindre le Paris du XXIème siècle. J'ai pas mal vécu dans ce réel depuis 1 mois. Mais la carcasse d'acier du Sulaco me semble toujours plus rassurante.
J'ai étendu de nouvelles nervures à travers la Toile. Certaines sont incroyablement prometteuses, d'autres assez énigmatiques mais à approfondir ! J'ai en revanche perdu contact avec la Karl Session. Pas de nouvelles récentes de North non plus.
Azazel ne va pas très bien mais je pense qu'il va remonter la pente et en ressortir plus fort. Je ne l'aide pas beaucoup mais je suis très déçu par ma prestation d'aide personnalisée, j'aurai pensé que je lui serai plus utile ...
Ah oui, j'ai trouvé la cambuse et un stock de glace au gingembre, tout va pour le mieux vous dis-je !

Triptyque temporel

/ passé /
Bord de route. Je marche sur l'asphalte surchauffé, ça sent l'odeur du maquis sous la chaleur. J'adore cette odeur. Dès la descente sur le tarmac il y a cette senteur si particulière. Je respire à plein rendement, histoire de renouveler complètement l'air des poumons.
Le soleil est haut dans le ciel et écrase le golfe sous la chaleur. La mer scintille tellement que s'en est aveuglant. Je ramasse la serviette et continue de descendre.
/ présent /
Y en a une qui m'énerve en ce moment. Non, en fait il y en a deux. L'une m'est familière physiquement alors que l'autre l'est de manière virtuelle. Les deux me sont inconnues. D'une je ne connais que les gestes et la voix, de l'autre je ne connais que ses écrits.
Et donc, elles m'énervent. Elles m'énervent de concert en fait ! Ou c'est peut-être mon inaction qui m'exaspère ...
Mais lorsque je me rends compte que je regarde ma bal pour y attendre une réponse, ça me ... raaaaaaaaaah ! Tu m’énerves !
/ futur /
Le vent ne faiblit pas, je le sens à son impact sur mon visage. Enfin, le peu de peau apparente le sent. Avec casque + masque + écharpe, seul le bout du nez se fait geler par cet air glacial et inodore. Respirer à fond par le nez est déconseillé, à moins d'apprécier des pics de glaces dans les sinus. Nulle fragrance ici, vierge, pur et froid, voilà le blizzard qui pousse la voile. Le carre sillonne la glace tel un rasoir, je relâche les avants et entame la remontée.

19/07/2005

Chains in twilight



anonyme - pétrole - hair & gloss - smooth & straight - gehorchen - bowing down - sourire - collar - bretelles - submission - black - lèvres - rosso - maillons - lieben - amore - lioubov - für dich !


on play : Patricia Barber - A Fortnight in France

14/07/2005

1:49

Nuit dans le ciel
Robe blanche tissu de lin
Jour sous la terre
Treillis noir en coton

rire macabre de cette mandibule
qui perdit son crane sur la highway
elle erre depuis sous le soleil
blanchissant un peu plus chaque mois
même les coyotes ne l'approchent guère
méfiants de cet os bavard

And I heard a voice in the midst of the four beasts,
And I looked and behold: a pale horse.
And his name, that sat on him, was Death.
And Hell follwed with him.

on play : Johnny Cash - The Man Comes Around

13/07/2005

Vieille pellicule

Cet après-midi, j'ai récupéré le développement de deux pellicules photos. Rien d'extraordinaire comme action c'est vrai ... L'une de ces pellicules fut réalisée lors des deux derniers mois et je savais ce qu'elle contenait. Quant à l'autre, c'était moins évident. Elle a été commencé il y a plus d'un an (je suis très lent avec certain de mes appareils) et je ne savais plus trop ce qu'il y avait dedans ...
Je me doutais qu'il y aurait des souvenirs, c'est à dire des instants que j'avais peut être oublié et qui réapparaîtront à la surface de ma mémoire sitôt que j'aurai vu l'image.
Chaque pellicule "ancienne" contient des souvenirs, et je me doutais que celle-ci risquait d'en contenir des douloureux. Je m'étais donc sommairement préparé à avoir mal. Mais pas à ce point là bien sur.
J'ai donc fait le chemin du retour avec les yeux aussi rempli de flotte qu'un réservoir de canadair, je rentre dans le hall, tête baissée j'appelle l'ascenseur, je prie pour qu'il n'y ai personne dans ce ***** d'ascenseur qui en met un temps bordel à venir. ding. roulroulroul.
Personne. Sauvé ! je rentre, je ne me retourne pas, j'appuie compulsivement sur mon étage. roulroulroul. clong. Et là, juste au moment où les portes se sont refermées ... ouverture du réservoir. en grand. Et bien sur impossible de s'arrêter ...
ding. roulroulroul. voilà, évidemment ça devait arriver ! Je ne sais pas encore qui c'est mais je me doute par contre du spectacle que je dois donner dans la glace qui me fait face ... Donc je m'essuie un peu les yeux, relève la tête et ... dit bonjour à une jeune fille qui me tend un mouchoir en papier. Je m'en empare, la remercie, lui dit que je suis désolé, tout ça en m'embrouillant dans les mots et en bafouillant un maximum ... Elle me redonne un autre mouchoir, me prends la main et dit d'une voix tout douce "ça ira mieux bientôt, ça ira mieux" je désengage ma main et m'essuie à nouveau les yeux, je crois que je reste à la regarder jusqu'à ce que son étage arrive. Les portes s'ouvrent, elle sort à reculons, je murmure "merci", elle sourit, les portes se ferment.

Voilà. Cette intervention providentielle de mon ange d'ascenseur sauveur de canadair m'a en tout cas remis quelque peu d'aplomb. Je ne sais pas bien quoi faire pour le signifier ma reconnaissance. Elle doit avoir dans mes âges, je ne la connais que de vue et elle attend un enfant. J'aimerai lui dire plus que ce simple et indispensable 'merci', mais en même temps je n'aurai pas grand chose à lui expliquer et elle sait que son geste m'a beaucoup fait plaisir.
Je ne pense pas qu'elle soit là vendredi, à voir pour lundi alors.

12/07/2005

I like your style

[plan large intérieur sur la baie d'une passerelle de pilotage d'un astronef]

Une silhouette immobile se découpe sur le vide de l'espace.
Elle est installée sur un siège face à d'innombrables consoles.
Des volutes de vapeurs opiacées sortent de ses orbites.
Un moniteur clignote, scintille puis éclaire l'habitacle d'une lueur blafarde;
le crâne pivote sur l'Atlas dans une lenteur surréelle.
Les pixels verts de l'écran pulsent ces quelques mots : i like your style
Des phalanges survolent un clavier noir sans écritures,
d'autres mots apparaissent sous les premiers : may the spirit of Harry Tuttle be with us
La bouche s'ouvre alors, de l'air s'engouffre dans les poumons.
Une voix rauque et usée résonne dans la pénombre,
LET'S ROCK !

16/06/2005

Le **** devient *******.

paupières closes,
cils papillonnants.
narine frémissante,
lèvres entrouvertes.

Tu rêves. je rêve que Tu rêves.

j'approche de ce visage
où affleurent les doux spasmes
qui trahissent les ondes paradoxales du cortex

rapid eye mouvement

je suis de mes yeux éveillés morts
des yeux assoupis vivant

je rêve que Tu rêves que je rêve de Toi.

le **** devient *******.

11/06/2005

Corwin speaking

i am ******'s wasted life

Lorsque les gens te croient mourant, ils t'écoutent vraiment au lieu d'attendre juste leur tour de parole.

07/04/2005

Conchylii

A travers une fissure de la digue de béton
je regarde la jeune fille.
Elle s'est baissée sur la plage
et trie les coquillage comme une enfant.

Aussi vides et expurgés d'avenir que les spectres que je croise. Ces carcasses mouvantes ne peuvent que constater l'inanité de leur chair une fois leur coquille dépourvue d'âme. Leurs doigts blêmes oscillent en me frolant, et une musique jaillit de ces cordes de mandores éthérées. Leurs murmures sont redondants et futiles, et à cette mélopée écoeurante je ne puis que répondre ceci :
Vous L'avez perdue il y a bien longtemps, il ne vous reste plus qu'à disparaitre dans le néant.

Elle revient maintenant, souriante,
me montre ses trophées et ses élus.

L'un se détache de cette masse craquelante,
la forme est belle et harmonieuse,
évoquant les anneaux entremélés d'une guivre.

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