22/11/2006

Kiev no palace

Le fait d'avoir comme seul interlocuteur cette petite frappe de kevin lui donne la nausée. Vinkenti se donne des airs pour lui expliquer, en plissant le front "toi français, lui français, plus facile pour parler".

Ouais. Super, Corwin va devoir causer à l'expat frenchy le plus pourri de Kiev. Qui verse dans tous les trafics les plus sordides de la ville pour se payer ses putes biélorusses. Trop classe. Qui doit servir d'intermédiaire pour quelque chose auquel il n'entrave que dalle.

La piaule où ils attendent est plutôt pas mal. Le boss de Vikenti a des parts dans l'hôtel apparemment. En tout cas le gérant mange dans la main du gorille.

Tout ça lui donne la nausée.


A peine arrivé dans la suite, Vikenti déballe ses objets fétiches. Il montre à Corwin en souriant une énorme pétoire. Désolé pour les poncifs, mais les Russes n'ont jamais su -ou voulu plutôt- faire léger. "Stechkin !" qu'il dit en armant ce mousquet que son interlocuteur aurait bien du mal à tenir stable à bout de bras pour viser. Il est apparemment enchanté de son jouet.
Lorsque Corwin côtoie ce genre de personnage, il finit par être timoré à la vue permanente de ces attirails de mort alors qu'avec ses moutons habituels il est plutôt attiré par ces vilaines petites choses métalliques.


Ils descendent pour le dîner. Corwin ne sait pas quoi choisir, il n'a guère faim.

Il regarde les gens autour. Ils semblent humains.
On lui sert un potage sans goût qu’il finit tout de même. Il ne touche pas au plat de viande, sorte de ragoût à l'odeur pourtant alléchante. Vikenti englouti les plats.

 

Corwin remarque que la serveuse ressemble à la fille de cette nuit, mais il n’est pas bien sur. Il essaie de l'observer sans la dévisager, mais avec ses cheveux attachés et la coiffe, il a vraiment du mal à être sur. En tout cas, elle ne lui prête aucune attention, et c'est bien ainsi. Ses yeux errent dans la salle, les gens ne font pas attention à ce couple improbable. Il finit par fixer le spot lumineux où est inscrit EXIT en russe, et songe à la dernière scène d'American Psycho. Le dessert a un goût d’autant plus amer.

09/09/2005

Meeting Vikenti - prélude

Ça faisait deux heures que Corwin se trouvait au deuxième sous-sol du Barking Dog. Le BrkngDg est à Paris, lieu privé où la faune est peu fréquentable et la flore aussi belle que vénéneuse. Ne cherchez pas ce nom dans un quelconque annuaire, c’est le nom que Corwin lui donne. Il s’était dit que si il ouvrait un bar, il le nommerait « The barking Dog » donc en attendant il a nommé ce repaire ainsi.

Le second sous-sol du BD est constitué d’alcôves presque privées. C’est à dire que l’on peut y recevoir avec une relative discrétion. Corwin avait tout d’abord vu Flow#1, ce dernier, toujours aussi speedé à une pathétique substance psychotrope, lui avait assuré que l’un des invités/contacts serait là ce soir.

Chose imprévue. Corwin n’apprécie pas l’imprévue pour les affaires délicates. Mais il y a certaines occasions où l’imprévue peut bien être toléré. La rareté ou l’importance du contact empiète toujours sur la sécurité.

Geof vint le trouver avec une bouteille de manzana. Ils discutèrent une bonne demi-heure et retournèrent au bar. Geof confirme la présence imminente de l’individu codé Iouri. Corwin demande à revoir la fiche sur le portable. La fiche pèse 8 méga octets et quelques, photos incluses, mais son poids dans la tête de Corwin atteint la tonne. Il se rend compte qu’il va être face à "ça" et qu’il n’est déjà pas très clair. Après un épisode peu glorieux où la manzana, la vodka et le gin et pas mal de jus de fruit repassent par la case départ cela va bien mieux. Un débarbouillage.
Et le voilà clean. Fin prêt pour la bête. Ou presque.

Il rejoint Geof au bar. Branche une fille aux seins trop gros et aux yeux à moitié ouverts. Elle se vante de sa tune, de son appart à Paris. La pauvre, elle est insupportable. Corwin laisse ses yeux errer sur les gens dans la salle. La fille est rejointe par un mec. Un minet lamentable tout fashion propret qui parle, parle, parle de rien et fait pleins de gestes dans tous les sens. Corwin ne les voient même plus, les entend encore moins, il pense à Iouri, et il n’est pas tranquille. Lorsqu’il revient sur terre, les deux pîpoles rive-gauche se sont éloignés. La discussion reprend avec Geof. Un éclat de voix leur fait tourner la tête. Corwin voit le minet s’engueuler avec un gars. Il ne voit pas l’interlocuteur de la vindicte, celui-ci étant en retrait dans le couloir. La crevette s’énerve et s’excite, ça amuse beaucoup nos deux compères qui se retournent pour observer la scène. Apparemment, quelqu’un lui a dégueullassé son super t-shirt « je suis un rebelle » à 200 €uroballes. Juste quand il commence à sortir son portable pour faire on ne sait quoi, Corwin voit un bras jaillir de l’ombre, rentrer en contact avec le 'rebel' et le catapulter 3 mètres plus loin. Si vous croyez que le silence se fait pour ça au BD, vous vous trompez. Killing Joke hurle toujours. Un molosse s’approche de la crevette à terre, le prend par le col et le remonte.

Le gars sort du couloir. A ce moment là, Corwin sait qui il est. Le type regarde vers le bar, voit Corwin et sait que celui-ci sait. Corwin se dirige vers l’alcôve appelée "la cage", Geof lui lâche un bonne chance et finit son verre.

12/07/2005

Analytique du Beau de Kant

Corwin contemplait un corps. Enfin, il se rendait compte qu'il contemplait un corps brut, une masse de chair recelant calices, phéromones et articulations ciselées. Il regardait stoïquement cet être avec lequel il s'était fondu quelques heures auparavant.
Le jour se levait et des raies de lumières jouaient sur la peau découverte du dos. Corwin se tenait à genoux sur lit, son regard errait dans la pièce, passait de la bibliothèque aux tableaux -
un tableau particulièrement avait retenu son attention. Il représentait une femme, visage et torse, avec une belle chevelure, tenant un sablier aux trois-quarts vide, elle avait un regard insistant et ferme, presque hypnotisant. Corwin s'était dit sur le coups que cela représentait peut être la fatalité, puis les cheveux d'Hécate qui se penchait en avant lui avait caché cette vision. Il avait plusieurs fois essayé de retrouver ce regard mais les corps enlacés avaient pivoté et il ne voyait plus que le torse arqué d'Hécate. Puis d'autres pensées chassèrent ce souvenir.
- accrochait une épaule, suivait les vertèbres jusqu'au bas des reins où il était enfin arrêté par le drap. Lorsqu'il s'était levé, Corwin avait vu sur tout le corps dénudé, mais il avait remonté le drap presque jusqu'en haut des formes rebondies. Cette vision d'un drap qui cachait la chair était, érotiquement parlant, plus attrayante.
Le soleil commençait à bien chauffer les volets de métal, mais un léger courant d'air frais passait à travers ceux-ci. Corwin faisait jouer sa main à un centimètre de la peau d'Hécate, dessinant d'invisibles tatouage ou d'improbables chimères. Quelques touchés involontaires finissent par réveiller la belle endormie, elle s'étire, rampe jusqu'à son tortionnaire et blottit contre lui.
Les moments où Corwin se sent vivre et vivant ne sont pas si nombreux que cela, mais ce genre d'instant lui redonne toujours envie de continuer la route.
Hécate écoute le coeur de Corwin qui bat, elle se redresse et cherche les lèvres.
Si Hécate n'est guère sourcilleuse quant à sa nudité, Corwin l'est en revanche, et il peut se montrer carrément prude si il a décidé d'avoir l'esprit chafouin ... Le voilà donc quittant les lèvres pourpres pour s'enrouler dans les draps blancs, entraînant l'impatiente dans un maelström de voiles.
Les mouvements synchrones des corps qui se fondent empêchent Corwin de lire le titre du livre qui lui fait face, il ralentit sa partenaire qui le griffe pour le punir puis lit enfin le titre : Analytique du Beau de Kant.

14/06/2005

Sous les spots bleu radium

Corwin s'était décidé à retourner dans la nuit. Il avait tenu deux semaines. Compte tenu de la vaine torture psychologique qu'il lui était infligée -qu'il s'infligeait ?- deux semaines seulement avait fallu pour qu'il atteigne un tracé de volonté de survie aussi plat que l'encéphalogramme d'un pingouin neurasthénique écrabouillé par un Hummer. Ce à quoi les esprits chagrin répondront que les Humvee, ça ne courent pas la banquise du Nord et bien soit !
Déjà Corwin n'appréciait que très modérément sa condition de célibataire mais s'enlever les nocifs bien que futiles plaisirs de la nuit chtonienne était une très mauvaise idée.
Il replongea donc.
Il plongea d'autant plus fort qu'il ne songeait qu'à s'oublier dans les flashs stroboscopiques bleu radium d’une apocalypse assez convenue en fin de compte ...
Corwin faillit lui renverser son verre dessus en tournant dans le dédale des couloirs. Le liquide ambré sorti hors de sa prison de verre puis la réintégra, apparemment peu désireux d’abreuver la pierre. L'objet de cet arrêt brutal se révélait être une jeune fille fort avenante, qui se mit à déverser un flot de paroles, et prenant Corwin sous le bras l'entraîna dans une alcôve proche alors que ce dernier tentait d'esquiver les ombres qui défilaient devant lui, poussé par cette moulinnette vocale ininterrompue. Elle s'appelait Carla. Venait d'Italie et parlait des prises d'otages en Irak. Sujet qui est à peu près aussi éloigné de l'intérêt de Corwin qu'une fusée à statoréacteur l'est du sol.
Au moment où Corwin allait prendre congé de ce monologue sur pattes, elle se tu. Aussi soudainement que cela avait commencé. Elle lui prit la main droite entre les deux siennes, la gauche tenait le verre vide. Alors il parla. Parla à en avoir la gorge sèche et à avoir honte de ne pas laisser la parole. Peut être que comme durant le monologue précédent, l'intérêt de l’interlocuteur était absent, peut être cela l'ennuyait même. Mais tout comme durant l'heure précédente, "le parleur" ne fut pas interrompu. Il finit de lui-même et ensemble allèrent se prendre un autre verre.
Corwin se sentait moins crispé. Il regardait celle qui l'accompagnait et eut envie de chair et de chaleur. Ils burent leur verre. En silence. Devinant une envie mutuelle, ils se séparèrent néanmoins. En souriant.

02/06/2005

Trinité



lalala ...

ПОЧЕМУ ?

liquid soylent born to the surface
zu weinen, ich sehe dein Gesicht
barre de radium sur l'orbite creux

melting mind tearing apart
zu lachen, ich küsse deine Hände
lèvres de sang sur le fil

ПОЧЕМУ ?

22/05/2005

Freiheit grün Anruf

semaine dernière

Miss Grün entre à Hôtel-de-Ville, cheveux corbeau sur minois de lys, veste lierre, sac bandoulière prairie, pantalon kaki, basket Vans-like fougères, socquettes ... rouges.
Corwin ne rebaisse pas les yeux sur le livre, le ferme et regarde ce patchwork improbable de verdure en écoutant Feist. Elle chante d'une voix aux accents sibyllins les secrets d'un coeur. Corwin ne sait pas vraiment de quel coeur elle peut bien parler. Il commence même à avoir du mal à appréhender ce concept. Coeur, si l'organe pulse encore sporadiquement dans le thorax, l'anima est resté accroché aux barbelés de décembre. St Paul.
Miss Grün lui tourne le dos, assise dans un quartet de siège coté allée. Il n'entrevoit que la jambe droite. Son regard se fixe sur la tache écarlate de la malléole. Un voile carmin envahit tout son champ de vision. Ce point rouge devient le centre référentiel du panorama de la vision, tout l’ensemble du wagon s’articule autour, tout le monde visible dépend de ce point. Le point bouge, le monde référence s’écroule. Bastille.
Miss Grün sort et oriente son corps vers la gauche, Corwin lui emboîte le pas, poussant légèrement le coude gauche pour la faire pivoter sur la droite. Regard, les lêvres s’ouvrent mais il prend la parole avant. Les mots s’enchaînent, le dialogue continue et les deux sourissent. Réquisitoire sur les sorties ‘changeantes’ du métro parisien, discussion sur la position aléatoire dans le wagon selon la présence probable des sorties …
Corwin est appelé ailleurs mais la nouvelle baptisée miss Grün est libre ce soir, il lui laisse un flyer pour soirée et préviens Ingrid qu’une nouvelle tête aura son flyer. Ingrid ne plaisante pas avec les emprunts et les resquilleurs. Corwin le sait pour en avoir déjà fait les frais …

Corwin arrive à la soirée avec un retard déraisonnable. Il espère que la Chlorophylle ne sera pas partie. Dès son entrée, Ingrid lui saute dessus, mille remontrances sortent à toute vitesse de sa bouche, la plupart s’échouent sur les murs carrelés. Elle le rassure ensuite que cette nouvelle n’a pas été importunée par les cafards présents.
Corwin fait rapidement le tour pour donner/prendre des nouvelles puis rejoins miss Grün dans une alcôve. Elle lisait un bouquin de Borges en sirotant une margarita.
Ils vont discuter pendant deux heures, comme deux vieux amis qui se retrouvent après pas mal d’années d’absence, sujets graves ou légers indifféremment, ils seront parlés avec la même aisance.
Corwin est encore sous le choc de cette sorte de complicité implicite et naturelle.

- Pourquoi as-tu accepté cet obscur flyer ?
- Je voulais savoir pourquoi tu avais un sabre en travers du corps.
- Maintenant que tu sais pourquoi, que comptes-tu faire ?
- Le retirer car j’en ai grand besoin.

Elle lui présenta sa gorge mais il ne pu qu’inspirer ses fragrances.

20/05/2005

Street legacy

La spirale lui vrilla la tête. Corwin s'arrêta de marcher et s'adossa au mur. Aucune substance psychotrope, aucun choc physique n'était responsable de cette chute intérieure. Juste un constat. Constat amer et consternant. Qu'est-ce qu'il foutait là dehors à 1h du mat, le bras bandé et le cerveau embrumé, rentrant seul en ruminant des pensées ? Pourquoi allait il se lever 6h plus tard. Quel but ?
Un collègue lui a récemment demandé pourquoi il restait faire ce boulot qui manifestement ne ... l'épanouissait pas ? Après un moment, où Corwin n'eut qu'une seule envie : arracher le visage de cet être fouineur à coups de dents, la seule réponse qu'il pu sortir fut "j'ai besoin de pas mal de tunes pour me détruire". Inutile de dire que l'autre tourna les talons pour rejoindre au plus vite son box. Demain Corwin ira donc finir ou presque ce putain d'algorithme de cryptage et gagnera des euroballes parce que c'est la devise qu'on lui file en échange de son boulot.
Du temps et des neurones contre du métal et du papier.
Corwin se laissa glisser le long du mur et sanglotait bêtement. Enfin il pensait qu'il avait l'air passablement bête à sangloter comme ça au lieu d'aller dormir. Il finit par trouver son portable pour appeler miss Grün. Il remarqua que des gens s'étaient arrêtés devant lui. Ote toi de ma lune ! fut il tenté de dire, mais un borborygme incompréhensible dû sortir du larynx.

Focalisation sur les gens. Des gens, des gens qui ont l'air normaux, si tant est normal de s'arrêter devant un mec paumé assis dans la rue. D'instinct, Corwin haït ce couple. Cet air de pitié avec lequel ils le regardaient lui donnait la nausée. Le gars voulait l'aider apparemment. Corwin n'apprécie que très modérément l'assistanat forcé. La fille avec ses mèches blondes moches alternait entre Corwin et son bon samaritain. Son regard alternait de même entre commisération et fierté. Pauvre tanche, le connais tu donc pour qu'il puisse trouver de la pitié à tes yeux ? Que sais tu de cet être qui erre dans la rue ? Le gars veut relever la chose qui se cramponne à son téléphone, lien avec le méta-monde, unique porte de sortie avec ces deux parasites qui veulent à tout prix se rendrent "utiles". Corwin trébuche en arrière et la main du gars agrippe la chemise. craaack
Corwin n'apprécie le contact avec des inconnu(e)s uniquement lorsqu'il l'initie. Déjà. Mais abîmer un de ses vêtements rend le coupable candidat au supplice du pal ... Surtout que ledit objet est une chemise Armani qu'il aime particulièrement. Corwin met des chemises Armani avec des paras. Non ça ne le gêne pas.
Les choses nous possèdent. Ce que Corwin se met sur le dos le possède.
Les deux choses que Corwin se souvient ensuite est sa main se refermant sur la trachée du samaritain, cet appuie providentiel lui permit de se relever, puis d'une douleur au front et de l'autre se tenait le nez en reculant. Cette fois, Corwin ne trouva nulle compassion dans les yeux du type. De l'incompréhension et de la colère sûrement. Corwin resta sur place tandis que le couple s'éloignait en le surveillant. Il mit le téléphone à son oreille et appela miss Grün à l'aide.

Miss Grün est gentille et attentive. Elle le rejoint vers 2h et ils parlèrent une bonne demi-heure. Elle le sermonna et cela le fit rire. Premier rire depuis une semaine. Il voulait la sentir au savon alors elle partit prendre une douche. Elle a finit maintenant et ses cheveux humides seront un délice. Des frissons lui parcourent toute la moelle épinière et meurent juste au dessus de l'Atlas.
Il est trois heures, et putain qu'est-ce qu'il a sommeil.
Demain les chiffres danseront tous seuls devant ses yeux. Sans compassion. Ni pitié.

Undernearth legacy

Corwin savait que cette soirée/nuit risquait de tourner à la catastrophe. Une semaine sans rien écrire, de priver ou de public, une semaine de gouffre où rétrospectivement les bons moments paraissent des nanosecondes et les abysses de détresse durent des éons. Une semaine, où malgré des rencontres à renouveler, le spirale du morale s'enfonce dans des territoires inexplorés, forêts luxuriantes de barbelés aussi rouillés que mortels, marais visqueux où les pensées stériles stagnent et occupent tout le process de l'esprit.

Corwin se demande toujours pourquoi il a telle soirée en descendant les marches vers l'obscurité. A chaque fois il se le demande, à chaque fois la même raison ressort. Entretenir le réseau, maintenir les liens, élaborer de nouvelles synapses. Et donc côtoyer toujours certains mêmes cafards. Et ce soir là, le plus gros cucaracha qu'il puisse rencontrer.
Corwin l'appelle Big One.
Big One vient de finir son mix minable, il passe de groupe en groupe, distribuant postillons et haleine de shit mêlée à une forte odeur de pastille de menthe. Il s'arrête au niveau du groupe où Corwin discute avec J13 & K14, deux jumeaux dingues de base jump qui commentent, avec l'ennuyante précision technique des experts, le malheureux crash du norvégien de la Tour Eiffel ... Big One pousse Milady et J13, sourit béatement en parlant de lui-même, puis sa grimace s'éteint et ses yeux voilés se fixent sur Corwin. Lequel verse le reste de son verre par terre avec articulant pour épitaphe "à ton mix aussi insignifiant que d'habitude". C'est à ce moment là que Corwin se rend compte que Big One est défoncé. Vraiment défoncé. Si défoncé qu'il trouve le pathétique courage de casser son verre sur le rebord du bar et de le pointer sous le nez de l'impudent. C'est vraiment dommage, car si il y a bien quelque chose à ne pas faire chez Rick, c'est de casser le matos ... S'ensuivit donc un léger pugilat où Big One fut chahuté pour finir à terre, un peu commotionné tout de même. Corwin trouva le moyen de se planter un bout de verre qui traînait sur le bar dans le bras.
C'est donc avec un bandage fabriqué avec un bout du t-shirt kaki de Big One qu'il quitta précipitamment Rick's home, jurant qu'il prendrait congé des cafards pour un certains temps ...
C'est à ce moment là que ça n'alla plus du tout.

11/05/2005

Right Where It Belongs

See the animal in his cage that you built,
Are you sure what side you're on?


Où es tu Joe/Jane ?
A te perdre dans les méandres de nos pensées
Tu as finis pas définitivement t'y égarer

And it's all...right where it belongs
What if everything around you,
Isn't quite as it seems?


Laisse moi glisser
just another one Timothy Leary ticket
Sous la langue,
lappant ce goût acidulé rare

What if all the world you think you know,
Is an elaborate dream?


Où es tu parmi ces forêts du sous sol ?
Pourquoi te dérobes tu à ma vision
Je t'ai dans la tête
le Réel m'est donc superflu, un luxe que je me paie
lorsque ma réalitée et ton illusion
en résonnance entreront
je cesserai de mordre mes lêvres
et boirai ce sang si métallique
rêvant aux jours heureux

Would you find yourself...find yourself afraid to see?
What if all the world's inside of your head?
Just creations of your own


Où étais je pendant l'impact ?
Esquilles d'os mélées à la grise matière éthérée
Regarde ce membre brisé d'où pulse la vie
Suintement carmin sur buvard de lait

Are you hiding in the trees?
What if everything around you,
Isn't quite as it seems?


Lève tes yeux azures et vois
Je m'étiole à être ainsi invisible

What if you could look right through the cracks,
Would you find yourself...find yourself afraid to see?

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